Jour 6 – d’Arc et Senans à Dole (51 kilomètres)

Comme nous n’avons pas pédalé la veille, nous sommes plus en forme le matin et le soleil est complètement revenu, il n’a même pas plu la nuit contrairement à nos craintes. Le départ se fait donc sans aucun soucis.

L’étape du jour ressemble surtout à une promenade. Pour éviter de reprendre la longue ligne droite cyclable qui retourne sur l’ev6, nous prenons l’itinéraire du guide d’une trentaine de kilomètres qui nous fait passer par la forêt et un certain nombre de villages. Nous faisons une première pause pour visiter une reconstitution de village de bûcherons.

Extrait du village reconstitué

La route dans la forêt est ensuite assez monotone mais très calme. Seule déception : la limitation de vitesse est en théorie de 30km/h sur ces routes forestières. Les rares véhicules que nous verrons passent plutôt à 90 (dont des camions d’exploitation forestière). Une voiture était même probablement à bien plus.

Petite pause au milieu de la forêt

La forêt comporte aussi forcément quelques montées et descentes, mais rien de dramatique. Nous rejoignons l’ev6 sans difficulté. Et même si nous avons de quoi déjeuner, on décide de soutenir l’un des rares restaurants le long de la piste en déjeunant à Orchamps (le repas était en mode buffet, un peu surprenant mais bien adapté à notre situation). Colin est ravi d’y voir chiens et chats.

La suite roule sans soucis jusqu’à Dole, le long du canal. L’arrivée sur Dole est magnifique et le camping du genre très grand. On discute avec quelques autres cyclo-randonneurs et on part faire du tourisme. La ville est super agréable, comporte de belles surprises comme la source souterraine visitable. Ils ont fait le choix d’un centre piéton, et c’est très réussi.

Entrée sur Dole

Source visitable après un passage souterrain

On organise un dîner à base de restes et on se couche tranquillement, avec pleins de cyclistes comme voisins.

Jour 5 – En attendant le retour du soleil à Arc-et-Senans

Le mauvais temps nous rattrape et la pluie tombe en trombes pendant la nuit et encore le matin. Nous apprécions d’avoir au moins doublé voire triplé la surface au sol par rapport à notre précédente tente, mais cela reste exiguë pour tenir plusieurs heures dessous. En tout cas, cela ne gêne pas le moins du monde Colin qui profite de cette matinée pour faire une sieste digne de ce nom (pas balloté par monts et vaux par ses parents). 

Pas de soucis de rester toute la matinée dans la tente

Finalement le temps se calme dans l’après midi, nous décidons donc de rester une nuit de plus ici, d’autant que le camping est très agréable et que nous pouvons en profiter pour visiter la saline royale qui fait la réputation des lieux.

Cette saline royale a été inaugurée sous Louis XV, un siècle après le rattachement de la Franche Comté au royaume de France, sous la direction de l’architecte Jean-Baptiste Ledoux. Le bonhomme était dans la force de sa carrière et pouvait se permettre de réaliser ses conceptions assez innovantes. On aboutit à un édifice assez vaste et moderne pour l’époque où toute la communauté de production de la saline vivait ensemble selon des règles bien définies. Il paraît selon notre guide, que l’édifice interpellait beaucoup et faisait railler les cours de l’époque, étant donné le luxe de l’édifice construit pour héberger et faire travailler des culs terreux. Il faut bien reconnaître que c’est assez classe.

Et ce n’est que l’entrée !

Pendant toute cette belle visite (nous sommes très bien tombés, on peut avoir le meilleur comme le pire sur les visites guidées), nous avons du toutefois gérer la petite boule de nerfs de 16 mois. On comptait sur la sieste de l’après midi, mais visiblement, ce ne faisait pas l’unanimité, ou du moins le consentement du principal intéressé. Ça s’est un peu calmé avec la visites des jardins, qui avaient pour thème Tintin pour cette année. C’était très réussi, bien que nous ne sommes pas fans d’Hergé.

Une partie de l’intérieur

Les jardins avec un thème par personnage de Tintin

Sur le retour nous nous sommes rendus compte de l’existence d’un réparateur-vendeur de vélos (pas du tout référencé sur Internet, notamment absent des cartes d’openstreetmap), et je suis donc par la suite allée faire la visite pour changer la chambre à air arrière. Il a même trouvé la minuscule épine dans le pneu, certainement à l’origine de ce dégonflement lent. 

Deuxième et dernière nuit dans ce camping, également sous la pluie, plus sereins par rapport au vélo.

Jour 4 – De Besançon à Arc et Senans (65 kilomètres)

On mange rapidement notre petit déjeuner à base de restes, et nous ne nous attardons pas au camping de Besançon. On repasse encore une fois par la portion de nationale que je n’aime pas du tout. Ensuite ça roule plutôt bien, mais nous avons des inquiétudes sur la roue arrière de nouveau dégonflée.

Colin a la banane avant de repartir

À Besançon, on coupe par le tunnel sous la forteresse. Ça change sur le paysage ! On avait prévu un arrêt chez un réparateur de vélo pour regonfler (on ne fait pas confiance à notre pompe…), mais il est fermé. C’est hélas en même temps qu’on a un premier vrai problème : Colin à vomi une grande quantité dans sa charette. Il va bien (il vomit aussi en voiture), mais les dégâts sont impressionnants. On nettoie comme on peut. Et on déprime sur notre roue arrière.

Au revoir belle forteresse

Heureusement, une fois reparti, on repère par hasard un vendeur/loueur de motos et autres objets mécaniques (jet Sky, trottinettes…). Le vendeur est super sympa, regonfle le pneu et nous offre un café. Il est plus de 11h, et nous avons fait 12 kilomètres seulement.

Il fait super beau, et la moyenne augmente avec un pneu gonflé. On a un peu moins le vent dans le nez aussi. Pour manger c’est plus compliqué, les stocks sont vides et toujours pas de snacks sur la route… On quitte la véloroute à Montferrand le château, juste après la petite chute d’eau, mais ça grimpe ! Les muscles chauffent.

Un tunnel pour bateau, douche comprise

En revenant ensuite sur la piste, on trouve un petit coin sympa pour manger. On voit sur le plan un robinet d’eau potable 200 mètres plus loin. C’est une écluse aménagée par voie navigable de France, et c’est super pour nettoyer la peluche de Colin et plein d’autres trucs. Et le tout avec des toilettes propres. Pas mal du tout !

Ensuite on pédale, on pédale, et on pédale. On est en forme, et si nous avions abandonné l’idée de faire toute l’étape, on change d’avis. On prend le risque des 17 kilomètres sans camping au milieu de la forêt pour arriver à Arc et Senans. Si le début grimpe à nouveau (dur dur les mollets), globalement ça va. C’est par contre droit. Rectiligne. Une route américaine aurait plus de virages. C’est très étonnant, on voit très loin, et on se permet quelques pics de vitesse sur les petites descentes.

Au bout de cette ligne droite, on a un magnifique panorama sur Arc et Senans, notamment sur l’arrière de la saline. C’est superbe. Quelques coups de pédales en plus et on est au camping. Et un camping super calme, on remplace la nationale par des vaches. Le personnel est super sympa, et la piscine est chaude (Colin préfère le pédiluve. Il y trempera deux couches et les vêtements et chaussures qui vont avec). On termine la journée par bières, saucisses et frites. On range par contre bien les affaires, de la pluie est annoncée.

Jour 3 – repos à Besançon (23 kilomètres)

Le camping de Besançon n’est pas vraiment à notre goût : trop de nationale, trop de voitures, trop de monde. Pourtant nous décidons d’y rester une nuit de plus pour visiter la ville et faire une première lessive. Colin en profite pour acquérir une nouvelle compétence : monter et s’assoir dans une chaise pour grands.

Nous partons donc rejoindre la véloroute en passant à nouveau par le bout de nationale. Ce n’est pas bien terrible, mais décevant de voir qu’un itinéraire cyclable plus sécurisé ne soit pas une priorité pour les politiques locaux, loin de là. Une grosse dizaine de kilomètres séparent le camping de la ville, ce qui explique la distance parcourue pour une journée de repos. Nous faisons un petit tour en vélo dans la ville avant de poser notre monture contre un emplacement de stationnement vélo, que nous avons quelques scrupules d’occuper sur toute la longueur. 

Nous montons à l’assaut de la citadelle. Oeuvre assez monumentale de Vauban, elle accueille maintenant quelques musées et un zoo que nous parcourons à notre grand plaisir. Colin qui est dans sa période animaux réagit très vivement et positivement. Il est tout de même partagé entre l’envie de toucher et la peur de ces bêtes qui bougent bien plus que des peluches. 

Des chèvres dans les enceintes de Vauban

Nous nous régalons de la vue puis de glaces et regagnons le camping pour une deuxième nuit.

Jour 2 – en route vers Besançon (63 km, arrêt à Chalezeule)

Colin est toujours aussi heureux de se réveiller à nos côtés, il commence la journée avec une super banane. Entre le réveil et le départ, nous sommes un peu lents (deux heures pour tout faire), et nous prenons la résolution de préparer plus de choses le soir, et d’éviter les trajets à la boulangerie (ils étaient même pas bons les pains au chocolat…).

Malgré ce départ tardif, on pédale à pleine vitesse. Deux heures après le départ, nous avons déjà fait 30 kilomètres. Colin à surtout dormi durant ce temps là.

On s’arrête pour le midi à Baume-les-dames. La pluie nous rattrape à la sortie de la visite de l’abbaye, et on doit un peu jongler entre Colin qui a faim et les difficultés matérielles. La pluie s’arrête heureusement assez vite et nous mangeons des pizzas dans un parc.

Nous repartons vers 13h, et j’ai une super idée de raccourci. C’était une très mauvaise idée : nous nous retrouvons à devoir pousser le vélo dans une pente sans fin (la descente sera chouette par contre !). Une fois les bords du Doubs retrouvés, ça se passe très normalement. On tire un peu la langue sur la fin : les muscles n’ont plus l’habitude, et le vent contraire à ralenti l’expédition toute la journée.

Le pire reste la toute fin du voyage. Pour joindre le camping, nous devons faire 800 mètres sur une nationale à quatre voies. Il n’y a pas d’autres solutions. Pendant que nous hésitons, une autre famille nous rejoint (avec cinq vélos). Nous ferons ce tronçon ensemble.

Le camping est grand (plus de cent emplacements) et à un accord avec la piscine extérieure voisine. On ira donc faire un petit plouf. Colin adore la pataugeoire, mais l’est est très froide et nous restons peu de temps.

On terminé la journée par un trajet un peu dur à pieds pour aller faire des courses : rien n’est prévu pour joindre à pieds le supermarché. On passe des zones sans trottoirs.

On se ravitaille donc de nouveau dans un hypermarché (il ne faudrait pas que ça devienne une habitude : les snacks le long de la piste nous manquent !), et on prévoit de rester deux nuits au camping. Nos muscles sont à plats, et on voudrait bien visiter Besançon le lendemain.