De Passau à Mariaposching, jour 14 (71 kilomètres)

Après le petit déjeuner et avoir réglé les formalités habituelles, nous commençons la journée par un passage à la poste. Nous envoyons vers la France un colis contenant nos affaires qui n’ont pas encore été une seule fois utile, et qui ne le serons donc jamais. Comme il y a pas mal de queue, on part un peu plus tard que prévu.

Le départ depuis Passau n’est pas très joli. Ça s’arrange quand on change de rive en passant sur un drôle de barrage.

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Un barrage rouge, c'est pas banal

Des passages sont très beaux, avec du chemin stabilisé (ce qui change un peu du bitume parfait, finalement). On longe le Danube et ses quelques îles protégées.

L’après-midi, nous passons devant un lac et décidons de tenter de faire un plouf. Juliette va vérifier la température de l’eau en plongeant pendant que je surveille courageusement le tandem. Après mon propre plongeon, je peux confirmer que la surface de l’eau était à la bonne température mais que ça refroidissait très vite.

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Il fallait bien une personne pour tenir l'appareil photo. C'était moi

Après cette pause, un passage longe l’autoroute. On se rapproche de Deggendorf, sans s’y arrêter. La suite est très bien. Le guide signalait un passage sur route, mais en réalité une nouvelle piste permet de pédaler sur du stabilisé. On arrive à destination vers 16h15. Il a fait chaud. Un peu trop parfois.

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On a longé ça ensuite. Photo prise en roulant

Le soir, il n’y a rien à manger sur place. Le petit bar avec un barbecue fermait à 18 heures. Nous pédalons donc vers le village à côté, et dînons tranquillement là-bas. C’était un petit restaurant, servant également de bar du coin. Quelques habitués sont arrivés en vélo, ils avaient à peine le temps d’accrocher le vélo que leurs bières étaient déjà à les attendre sur la table. L’un d’entre eux est resté complètement bloqué à la vision du tandem, et cela lui redonnait un peu le sourire. Il s’est levé pour nous voir partir, tellement qu’il était interessé par le fonctionnement. Il n’avait probablement pas osé nous aborder.

Des trois ferry aux trois rivières, jour 12 (69 kilomètres)

Le petit déjeuner dans ce qui sera notre dernière chambre d’hôte autrichienne se passe très bien. Notre hôte est un peu bavarde (pour une autrichienne !). Une fois de plus, l’hébergement est juste à côté de la piste et nous pouvons partir très vite. Comme la vague de chaleur arrive, nous avions l’intention de faire un maximum de kilomètres le matin.

On est cependant rapidement arrêtés : nous le savions, la piste cyclable s’arrête devant une falaise et la seule solution pour aller plus loin est de prendre un petit ferry. Un poste radio est disposé à la fin de la piste, car le bateau ne vient qu’à la demande. Et encore ! Il nous a fallu attendre 20 minutes car nous étions les seules voyageurs et que c’était trop peu pour lui.

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Le système radio pour appeler le ferry

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Le pino tient bien tout seul, mais on sait jamais

Du fait de ce ferry et du suivant à venir, la piste est très très calme. Les autres vélos utilisent surtout l’autre côté du fleuve.
Nous devons en effet prendre un autre ferry peu de temps après, pour la même raison. La route s’arrête. Hélas, le ferry habituel que nous avions prévus ne fonctionne pas encore. Il aurait permis de rester sur la même rive, là nous arrivons sur la rive sud.

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Cette fois, c'est une cloche !

Nous pédalons donc de nouveaux jusqu’au ferry suivant, afin de retourner sur la rive nord et reprendre le chemin qui semble si joli sur la carte (et qui l’était). Pour la petite histoire, on n’a pas eu besoin de l’appeler, mais pour celui là un marteau était disponible pour faire du bruit.

Nous nous arrêtons pour manger dans un radlertreff (un bistrot pour cyclistes), pour ce qui sera notre dernier repas en autriche. Nous passons en effet peu après la frontière et rentrons dans la grande bavière. C’est à cette occasion que nous trouvons un énorme trèfle.

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La frontière. Pas de panneau d'entrée en Allemagne. Seulement en Bavière

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Trop gros pour l'emporter celui là

Quitter l’autriche, c’est quitter les meilleures pistes cyclables que nous connaissons pour le moment. Si l’ensemble du trajet entre la frontière et Passau était pas mal, le trajet allemand comporte déjà des portions très peu agréables. Notre hôte du soir (très très bavarde) nous confirmera que cette portion est un peu un scandale en comparaison de la partie autrichienne. Ils profitent de la réputation du trajet et du tourisme sans faire les efforts qui vont avec.

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On a aussi croisé des vikings !

Une fois le logement trouvé et les bagages posés, nous partons à la découverte de passau, la ville aux trois rivières : le Danube, l’Inn, et l’Ilz. Elles se rejoignent toutes les trois à la pointe de la ville. L’Ilz ne compte pas pour beaucoup, mais l’Inn est aussi grand que le Danube et nous allons donc voir le Danube rétrécir fortement après Passau.

Nous décidons aussi de rester un autre jour à Passau, pour visiter la ville et faire un peu de logistique (une lessive devenait nécessaire).

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Entrée à Passau, on voit deux fleuves sur cette photo

De Melk à Wallsee, jour 10 (69 kilomètres)

Nous partons un peu reposés grâce à notre journée de visite la veille. Comme la pension est vraiment le long de la piste cyclable, on ne perd vraiment pas de temps avant de repartir sur l’EV6.

Notre premier objectif est de rejoindre le réparateur de vélo à Pöchlarn, situé à une grosse douzaine de kilomètres. Entre temps, il faut toujours que le conducteur pense à contrôler quand ça frotte.

Le réparateur est complètement incompréhensible quand il parle, mais il nous comprend plutôt pas mal et tente une première fois de corriger le problème. Nous pensons que c’est bon (après quelques tests seul sur vélo). Malheureusement, des tests un peu plus durs à deux font réapparaître le problème.

Nous y retournons, et après un peu d’attente car il avait une cliente avec un rendez-vous (un peu bavarde d’ailleurs, et compréhensible), il démonte entièrement le frein. Il nettoie le tout, refait les réglages, et nous dit à la fin qu’il a fait son possible. Si ça continue ou s’aggrave, il nous conseille un revendeur à Grein, un peu en aval.

Nous repartons donc, et ça s’annonce bien ! Plus de bruits, même en freinant fort. Nous sommes très contents et pédalons très vite jusqu’au repas du midi. Je n’ai pas réussi à faire accepter au réparateur un peu d’argent pour le temps qu’il a passé dessus.

Après ça, rien de bien notable dans la journée. Il y a de très beaux paysages, j’ai failli perdre mes lunettes de soleil après une pause, et nous avons finalement pris quasiment aucune photo de cette journée. J’en met tout de même :

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Le château de Wallsee

Il est à noter que Wallsee est une ville un peu bizarre, relativement étalée, avec beaucoup de maisons neuves construites par des architectes. La ville semble très riche. Notre chambre d’hôte était également assez particulière, nous dormions chez un vendeur de décorations de jardins (statues, nains de jardins, …). On a regardé deux fois avant d’être certain d’être au bon endroit.

En route vers Melk, jour 8 (69 kilomètres)

Le matin commence avec une table commune pour tous les pensionnaires des chambres d’hôtes où nous dormions. Nous sommes arrivés les derniers, et c’était du coup un peu étrange de débarquer au milieu de leur conversation. Cela ne nous a pas coupé l’appétit.

Le soleil continue à être présent, et nous partons avec les quelques courbatures des jours précédents. La première curiosité du coin est une centrale nucléaire, qui n’a jamais été en service. Un référendum a voté contre sa mise en service, après sa construction.  Ils utilisent désormais une partie du terrain avec des panneaux solaires (je doute de l’intéret, mais ça permet de donner une certaine classe à cette « ruine »).

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Une centrale nucléaire, qui n'a jamais rien produit

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Le panneau "regardez on fait du solaire c'est trop cool"

Nous traversons ensuite le fleuve grâce à un barrage, autorisé uniquement aux vélos, et pas aux chevaux.

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Le trajet est vraiment très beau. Nous traversons la région de la Wachau, avec de très jolis villages, des ruines de châteaux (et des vrais châteaux), des vignes, des petites collines sur le bord du fleuve, etc. Et toujours des églises avec beaucoup de dorures.

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Un des nombreux village le long du Danube

Au niveau de la logistique, le frein arrière commence à faire vraiment du bruit, y compris quand on appuie pas dessus. C’est très embêtant. Ca rajoute du stress au conducteur, qui peut diminuer le phénomène en jouant un peu avec la poignée de temps en temps pour le recentrer. Ca n’a pas beaucoup d’influence a priori sur notre vitesse et notre fatigue musculaire, uniquement sur le moral. Le bruit s’aggrave hélas trop tard, les magasins de cycles ferment pour la plupart le samedi à midi.

Comme il y a un risque de pluie pour le soir, nous ne traînons pas trop (même si nous avions très envie de monter voir une des ruines de château).

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Nous arrivons vers 16h30 à Melk, où notre piste devient un peu chaotique avec les portes ouvertes organisées par la caserne militaire juste à côté. Cela attire beaucoup de monde, mine de rien.

Nous avions choisi un petit hôtel juste à côté du Danube, le long de la piste cyclable. C’est juste à côté des nombreuses passerelles pour les navires du coin, la plupart des bateaux plein de touristes en croisière. Comme Melk est un haut point de tourisme, ils sont nombreux à s’arrêter.

Le soir, nous sortons un peu faire un tour après avoir mangé à l’hôtel. C’est très joli la nuit.

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Le monastère de Melk, de nuit

Nous prenons la décision de ne pas aller plus loin le lendemain (le dimanche) et de rester deux nuits, afin de pouvoir mieux découvrir Melk et ce petit bout de la Wachau, mais aussi d’attendre que les réparateurs de vélo ouvrent lundi.

De Bratislava à Vienne, jour 6 (76 kilomètres)

Après la bonne journée de repos, nous sommes un peu moins malades. Nous partons assez tôt le matin de l’auberge de jeunesse ou nous avions trouvé refuge, et prenons un petit déjeuner improvisé après un passage à un supermarché.

Sortir de Bratislava se fait ensuite sans encombre. La montée sur le pont permet de faire chauffer un peu les muscles avant la longue journée de voyage.

On partage pendant un petit temps la piste cyclable avec un autre tracé européen, l’EV13. La piste nous emmène en tout cas très vite en Autriche, après un dernier bunker à saluer.

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Petit bunker juste avant la frontière. C'est un musée

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Ce panneau manquait pour les vélos

Le passage de la frontière à quelques avantages. Le premier, c’est que nous sommes maintenant certains de parler la langue du pays (même s’il faut l’avouer, l’accent est parfois assez prononcé chez eux, rendant la communication un peu moins parfaite). Ensuite, freemobile nous considère désormais comme en France pour les communications. Enfin, les pistes cyclables autrichiennes ne jouent pas dans la même catégorie que les slovaques et les hongroises. Pour résumer, les parties chiantes autrichiennes ressemblent aux bonnes parties hongroises (j’exagère à peine). Les villes restent très jolies, on s’est ainsi arrêté à la première petite ville qui avait de très bons restes du moyen-âge.

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Il y a beaucoup de dorures dans le coin

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La signalisation du trajet fait aussi un bond en avant. Tellement, que même les itinéraires alternatifs sont marqués EV6. C’est ainsi qu’on a fait un petit détour, en pensant suivre la route principale.

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Je crois qu'on va aller à droite

Ce petit détour nous a permis d’avoir le moment de doute de la journée. Il nous fallait en effet retraverser le Danube, mais à l’endroit marqué comme un ferry sur la carte, on ne voyait rien. Pas de quai. Pas de jetée. Un truc ressemblant à une jetée était bien visible, mais non accessible, car le chemin était complètement innondé (on en a peut-être pas parlé avant, mais le Danube est très haut).

On déjeune là sans trop y croire quand un bâteau arrive vers nous. C’est un bâteau à la demande, et des cyclistes de l’autre côté on eu la bonne idée de vouloir traverser. C’est le plus petit bateau sur lequel on a pu monter le Pino pour le moment. En tout cas, on était très content de le voir, et j’ai été ravi de payer le voyage !

Après la visite du matin, le détour, ce doute sur l’existence du ferry, on repart pédaler assez vite pour arriver pas trop tard à Vienne. Nous savions qu’il nous restait encore beaucoup de kilomètres. On a ainsi profité d’une piste cyclable aussi large qu’une route (et mieux entretenue), on a traversé un centre industriel par le milieu (avec la piste cyclable toujours), et pas mal d’autres surprises sur les pistes autrichiennes.

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Ceci permet aux vélos de monter sur un pont.

L’entrée dans Vienne était triviale. C’est très bien indiqué, il y a des pistes partout, les voitures font vraiment attention aux cyclistes. Il vaut mieux d’ailleurs probablement être sur le vélo et pédaler, que de mettre le pied à terre et pousser le vélo pour traverser les zones un peu encombrées. Les voitures seront beaucoup plus sympa !

Le soir, malgré nos nombreux kilomètres, nous partons visiter un peu le centre de Vienne, avant de profiter d’un repos bien mérité.

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Au centre de Vienne