En route vers Bratislava, jour 4 (23 kilomètres)

Après ce dur jour de pluie, on est un peu rincé. C’est malheureusement la même météo qui est prévue, et il y a eu un déluge durant la nuit qui incite à la prudence.

Comme je suis malade, et que nous n’avons pas du tout envie de retomber dans les mêmes conditions que la veille, nous trichons en prenant le train. Pour aller à Bratislava, c’est deux heures de train, 7 euros 50 pour deux avec le vélo. Tout pour être un bon plan !

On attend un peu à la gare avant de partir. La montée du vélo dans le train se fait sans soucis. On est contents (même si Juliette est un peu triste qu’il ne pleuve pas (encore)).

La bonne humeur diminue un peu quand le contrôleur nous apprend que le train ne pourra pas nous emmener jusqu’à Bratislava. Quelques stations avant l’arrivée, le train se transforme en bus, et le tandem ne pourra, bien entendu, pas entrer.

Nous profitons tout de même du voyage en train, durant environ 100 kilomètres. C’est assez fascinant de voir une ligne sans quasiment aucun passage à niveau protégé, le train klaxonne juste quand il arrive. Et on est vraiment sur une plaine, c’est très différent des collines que nous avons pu voir jusqu’ici.

A la sortie du train, il n’a toujours pas plu une goutte. Juliette continue donc d’être déçue de ne pas avoir fait de vélo. Bien évidemment, la pluie reprend après que nous ayons fait moins de deux cent mètres à vélo.

Le trajet alterne donc entre bonnes nouvelles (la piste cyclable semble très bien commencer) et très mauvaises (ah mais on arrive sur un chantier avec plein de camions…). Je commence un peu à perdre le moral. On s’arrête à un café, le temps de laisser passer une grosse averse (et une fois de plus, savoir parler allemand est plus pratique que l’anglais !). On va ensuite à un supermarché acheter des mouchoirs et de quoi faire des sandwichs.

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Si si, ça passe

On a ensuite une partie très sympa le long d’un canal pour viser le centre de la ville. Les pistes sont très étonnantes, avec des aménagements compliqués (un genre d’échangeur à vélo, le long d’une autoroute). L’entrée dans le centre ville est par contre un peu plus ardue. Au total, nous aurons roulé 23 kilomètres en vélo, pas grand chose quand on compare au froid que nous avons subi (j’ai oublié de le dire : il y avait un très fort vent en provenance du nord-est. Et nous allions au nord-est).

L’office du tourisme est très décevant. Alors que nous avions trouvé la veille comme ça notre logement, eux sont incapables de savoir quels logements peuvent prendre les vélos et ils n’appellent aucun hébergement pour nous. Ils fournissent uniquement une liste.

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Après trois essais infructueux (ne me demandez pas pourquoi Bratislava est remplie comme ça), nous faisons le deal du siècle. Un appartement pour six, pour le prix d’une chambre normale. C’était plus grand que chez nous à Paris.

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Et encore deux autres chambres

Comme notre santé ne s’améliore pas, que la pluie nous a un peu démotivés, et que nous voulons profiter un peu de la ville (nous ne reviendrons probablement jamais ici), et enfin pour des raisons logistiques, nous décidons de rester aussi le lendemain à Bratislava. Manque de chance, notre deal du siècle ne peut pas être renouvelé, il faudra trouver un autre endroit.

C’est vraiment parti, jour 2 (56 kilomètres)

On s’éloigne de Budapest, et les choses prennent un cours très agréable. Tout d’abord, le soleil pointe son nez pour la première fois, avec la chaleur qui va avec. On se tartine de crême solaire avant le départ.

Ensuite, si le début de la piste n’est pas parfait, on traverse une première fois le Danube en ferry pour rejoindre Vac (uniquement la moitié du Danube, on était sur une île, atteinte grâce à un pont). C’était un endroit très sympa.

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Premier ferry sur le Danube

On fait un petit tour à la cathédrale, puis on se restaure, pas aussi vite qu’on l’aurait voulu (on a pas trouvé de boulangerie ou équivalent pour manger un sandwich sur le pouce).

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Bah il est ou le vélo ?

Après Vac, la piste cyclable devient très roulante et très agréable à longer le fleuve. Nous n’avons pas à nous plaindre sur cette partie du trajet. Comme ce n’était pas toujours parfaitement plat, on a même fait une pointe de vitesse qui restera probablement pendant longtemps la vitesse maximale atteinte par nous en Pino…

Cette piste nous emmène à un second ferry, dont les horaires ont tout juste permis de prendre une glace avant de repartir.

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De l’autre côté de la rive, c’est moins bien (on est en grande partie sur la route, assez fréquentée, et dont les bords sont en mauvais état), mais nous arrivons très contents de cette journée à Esztergom, capitale de l’église catholique de Hongrie (la Rome hongroise). On y trouve une pention pas trop difficilement, et nous profitons d’être arrivés assez tôt (vers 16 heures) pour faire du tourisme dans cette ville. En face, c’est déjà la Slovaquie.

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C'est pas beau, mais c'est très gros

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Après le coude du Danube

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La forteresse et la basilique, de nuit

En résumé, c’était une journée bien plus comme nous imaginions le voyage que les deux précédentes ! Les seuls dégâts à déplorer sont des coups de soleil sur les parties de peau non protégées, par exemple les pieds… La pluie est cependant annoncée pour le lendemain, et nous vérifions s’il n’est pas possible de tricher avec un petit voyage en bâteau. Nous ne trouvons aucune solution.

Arrivée à Budapest, jour 0

Après un vol globalement sans histoires, nous sommes arrivés à Budapest, très heureux. On se moquait complètement alors de l’heure de retard avec laquel nous atterissions. Nous avons eu un petit choc à la descente de l’avion, en voyant les bagagistes lancer des valises sur le carton de notre vélo. Des grosses valises. Et vraiment lancer.

Le choc a continué en voyant arriver le carton sur le tapis roulant classique, alors qu’il était bien évidemment trop grand pour ça. Il a fallu courir le récupérer avant qu’il tombe durant un virage (le tout en poussant un peu les autres passagers qui attendaient leurs valises).

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C’est donc relativement anxieux que nous avons commencé à remonter le vélo, directement à côté du tapis roulant, afin de pouvoir faire une réclamation si nécessaire. Le carton avait de belles marques à l’intérieur, il a bien appuyé sur certaines parties du vélo.

Le montage s’est cependant bien passé, et malgré quelques rayures (notamment sur la pédale droite), le vélo semble en bon état. On y a passé un temps certain (1 heure environ), mais on avait une classe d’enfert à la sortie avec le tandem déjà monté. On a été l’attraction du jour également d’un agent de sécurité, qui passait toutes les deux minutes voir l’évolution du montage.

Une fois sortis, nous avons laissé le carton dans un coin (désolé…). Nous avons ensuite utilisé la fameuse pompe pour regonfler les pneus et préparer la fourche.

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Vous pouvez admirer la technique du bloc de béton pour réhausser la pompe, vu que le flexible est un peu court.

La suite ne restera pas comme la meilleure partie du voyage. Nous avons cherché comment partir de l’aéroport sans prendre l’autoroute. Ce n’était pas évident. Une lueur d’espoir est revenue quand nous avons trouvé un parking vélo (s’il y a des vélos, ils doivent bien arriver par un moyen ou un autre).

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Ce n’était cependant pas trivial du tout, et pas agréable non plus. En plus, il pleuvait. Si vous souhaitez voir des endroits abandonnés et qui semblent sortis des films de fin du monde, on peut vous renseigner.

Après une petite trentaine de kilomètres à louvoyer dans Budapest à tenter de trouver les pistes cyclables et éviter les grosses routes, nous sommes arrivés de nuit à l’auberge de jeunesse que nous avions réservé. Elle ne restera pas comme le meilleur logement du voyage non plus. Juliette avait envoyé un courriel pour demander s’il était possible de garer un tandem chez eux. Ouioui était la réponse. En vrai, il fallait monter deux étages (gasp), prendre un virage quasi-impossible pour monter sur balcon (youhou), et terminer sur un angle impossible pour un tandem (déjà un vélo je n’y crois pas). Il a fallu le porter en partie au dessus de la rembarde du balcon pour le mettre à « l’espace en sécurité pour les vélos ».

Nous nous sommes trouvé un  restaurant dans les environs, complètement extenués. Au moins, il était bon. Et les rations étaient largement suffisantes pour compenser notre mini-repas du midi.

Ensuite, nous sommes sagement aller dormir. Il était déjà minuit trente.

On est partis !

Les derniers jours de préparations ont été un peu compliqués, notamment avec le peu de temps disponible que nous avions pour préparer les bagages.

Le week-end dernier, nous avons fait les derniers réglages et tests sur le tandem : nous avons ainsi remonté un peu le porte bagage avant (les sacoches appuyaient sur la béquille autrement), et fait marcher le chargeur USB (branché sur la dynamo du moyeux de la roue avant). Le dernier soucis a été de trouver une petite pompe capable de gonfler la fourche avant. Il faut ainsi gonfler à 7 bars, ce qui n’est pas évident avec une pompe classique à main. Comme nous étions cours sur les délais, c’est Bofrère et Bellesoeur qui ont géré l’achat. Nous avons également fait toute la manipulation inverse de la semaine précédente, à savoir démonter les différentes parties pour pouvoir rentrer le tout dans le carton d’origine.

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La dernière soirée on a chargé les sacoches. On a finalement pas pris la tente, ce qui nous libère pas mal de place (on ne prend pas non plus du coup les matelas de sols, uniquement les duvets). Les quatre sacoches sont pleines, mais le grand sac est complètement vide et a été gentiment chargé dans une sacoche, plié.

Nous sommes arrivés à l’aéroport trois heures avant le vol, finalement un peu trop. Le comptoir pour notre vol n’était pas encore ouvert. Après l’enregistrement chez la compagnie (à tout porter jusqu’à là-bas…), nous avons utilisé le vélo comme coupe-file. La seule différence avec un enregistrement normal, c’est qu’il a fallu porter le vélo jusqu’au portique spécial de sécurité pour les bagages spéciaux. Pour le moment, le fait que ce soit un tandem et pas un vélo classique n’a choqué personne.

Nous attendons avec impatience l’avion, notamment pour savoir dans quel état nous allons récupérer le carton. Il ne restera ensuite plus qu’à tout remonter et pédaler jusqu’à l’auberge de jeunesse où nous dormirons cette nuit !