Jour de repos à Ulm, jour 19

Après l’étape de folie de la veille (le record de distance du voyage), c’est avec un certain plaisir que nous nous reposons une journée pour, à nouveau, laver du linge et vagabonder dans les rues de Ulm. En fait, nous avons vagabondé de manière assez déterministe, avec une trajectoire définie par un parcours de geocaching, que nous ne connaissions pas et que ma cousine nous a montré.

Sur le site internet (et les applis que l’on peut télécharger) des gens d’un peu partout dans le monde renseignent la géolocalisation de boîtes qu’ils cachent dans l’intention est de faire découvrir quelque chose aux personnes qui veulent jouer. Des fois, il s’agit simplement de coordonnées de la boite, des fois c’est plus compliqué, ça peut être une chasse au trésor pour découvrir la boîte finale. C’est ce que nous avons fait avec la geocache « Such den Ulmer Spatz ». Nous disposions d’une série de coordonnées GPS, de photos de rues/bâtiments correspondant à des lettres et de photos des Spatz (des gros moineaux en pierre vendus pour financer la rénovation de la cathédrale, le moineau étant l’emblème de la ville) correspondant à des numéros. Il fallait résoudre la localisation de la boîte et le code du cadenas en faisant correspondre les numéros et les lettres. Ce n’était vraiment pas évident, certains Spatz ayant changé de décoration et d’autres ayant disparu. Mais nous sommes toutefois arrivés à résoudre l’énigme, avec l’aide de ma cousine pour trouver l’emplacement défini avec un angle et une distance à partir d’un autre point (pas facile à faire sans outil plus élaboré que les téléphones). C’était sympa comme idée, on recommencera à Paris.

Pour l’anecdote que nous a racontée ma cousine, au moment de la construction de la cathédrale, les artisans ont rencontré un problème pour rentrer une poutre à l’intérieur, celle-ci ne passant pas de front le pas de la porte. Ils étaient bien embarrassés, et c’est alors qu’ils ont vu un moineau portant dans son bec une brindille et qui construisait son nid sur la construction. Lui-même avait un problème de géométrie pour faire passer sa brindille de front. Et alors, le moineau tourna la brindille pour la faire entrer de face. Eurêka ! Le moineau devint alors avec son astuce légendaire l’emblème de la ville.

Vue intérieure de la cathédrale d'Ulm

La cathédrale protestante de Ulm, vue intérieure

Vue extérieure de la cathédrale d'Ulm

Vue extérieure

La soirée fut excellente, avec le premier barbecue de l’année pour nous, avec ma cousine et son mari. Ils nous ont d’ailleurs encore fait découvrir un autre quartier de Ulm, pittoresque et vraiment calme, avec des petites maisons sur le chemin de ronde de la ville. La douceur de vie et la tranquillité avec les avantages de la ville. Ils ont bien de la chance.

De Großmehring à Donauwörth, jour 17 (70 km)

Ça y est, la pluie est arrivée. Et l’orage avec. On est réveillé à 7h30 par la pluie et le tonnerre. C’est toujours étrange un orage le matin. Nous attendons que la pluie cesse pour partir. Cela nous met déjà pas mal en retard pour l’étape que nous souhaitions faire.

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Ingolstadt sous la pluie

Notre première pause n’est pas très loin. Il ne nous fallait qu’une dizaine de kilomètres pour atteindre Ingolstadt, une petite ville fortifiée. Nous nous y arrêtons pour prendre des victuailles pour le déjeuner. C’est en repartant que nous nous rendons compte que le pneu arrière est à plat. Manque de pot, midi vient de sonner et les magasins de vélo viennent de fermer pour la pause méridienne. Nous avons tout de même de la chance d’en trouver un qui laisse une pompe avec compresseur et manomètre à disposition. La valve était à moitié ouverte. Avait-on oublié de bien refermer la dernière fois ? Le manomètre ne redescend pas une fois le pneu gonflé à 5 bars. Nous repartons.

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Le château de chasse près de Neuburg

Nous sommes à présent sur la rive sud du Danube. La piste n’est pas très praticable avec les fortes pluies du matin et de la nuit. Les passages de gadoue sont pénibles mais assez brefs, heureusement. Nous passons devant un très joli château de chasse, pas visitable. Nous nous y serions volontiers arrêtés pour déjeuner, si l’endroit n’était pas aussi infesté de moustiques. Nous nous arrêtons donc à Neuburg, en territoire humain.

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Ancien temple romain sur notre route

La météo de l’après-midi est encore humide et couverte. Nous avons un passage de 6 km pénible sur une grosse route avec de la circulation très rapide, pour échaper à 7 km de boue qui nous rallentit trop. Quelques côtes nous pimentent l’après-midi. Une rencontre avec un cycliste nous égaie alors. Il nous saute presque dessus pour nous parler et examiner notre vélo : il est lui-même propriétaire d’un vieux Pino et voulait regarder les améliorations apportées depuis. Il nous raconte un peu sa vie, nous pose pas mal de questions sur notre voyage, nous rassure sur la suite de l’étape et celle du lendemain. C’était vraiment très sympa.

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Encore un arbre de mai, dans un autre style

Nous atteignons assez tardivement Donauwörth, où nous séjournons dans une auberge tenue par un croate aimable comme un gardien de prison. La chambre est spacieuse, bien que désuète. Je constate encore quelques blessures de guerre contre les moustiques. Le repos nous fait beaucoup de bien après cette étape.

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Porte et pont de Donauwörth

De la fournaise au Walhalla, jour 15 (84 km) 

Nous partons donc de Mariaposching sous un soleil déjà cuisant (il n’est que 9h15, ça promet). La route est encore sympathique, si ce n’est qu’on ne voit pas autant le Danube qu’on ne le voudrait, étant souvent derrière une digue. Avec autant de digues, ça ne m’étonne pas trop qu’ils récupèrent des inondations historiques en aval.

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Devinette : qu'est-ce que c'est ?

La distance que nous parcourons le matin est de plus en plus importante, de manière à essayer de profiter de températures un peu plus clémentes. Nous faisons donc environ 45 km avant de déjeuner à Wörth. Le désespoir faillit nous atteindre lorsque nous faisons tout le tour du village et que nous ne trouvons que des restaurants fermés, 3 boulangeries fermées et la seule étant ouverte n’ayant plus de sandwichs (il est samedi midi !). Finalement nous trouvons une gasthof ouverte avec des plats particulièrement savoureux.

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Wörth où nous déjeunons

Nous repartons sous le cagnard, jusqu’à atteindre vers 15h le Walhalla. Il s’agit d’un bâtiment pompier construit par Louis 1er de Bavière comme monument aux personnalités importantes de la civilisation allemande. Une sorte de petit Panthéon sans les sépultures. L’endroit est pariculièrement touristique, du fait de la proximité à Ratisbonne, d’où les gens peuvent prendre le bateau pour venir (10 km).

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Le Walhalla

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Les bustes des grands hommes de la civilisation allemande (pas beaucoup de femmes là non plus, mais quelques unes)

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Louis 1er de Bavière en César moustachu (il n'avait probablement pas appris que seuls les barbares portaient la barbe ou la moustache, d'où leur nom)

Nous repartons pour Ratisbonne, où nous n’avons pu trouver d’hébergement dans le centre. Les deux festivals organisés en même temps dans la ville sont probablement à l’origine de cette raréfaction des chambres (le color festival et le mundart festival). Nous avons donc dû nous rabattre sur un hôtel ibis budget de bord d’autoroute et inverser la visite de la ville et le dépot des sacoches/douche à l’hotel.

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Le pont de pierre de Ratisbonne, en travaux

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Vue depuis le pont de pierre

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Autre vue depuis le pont de pierre

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Cathédrale de Ratisbonne

La ville de Ratisbonne (Regensburg en allemand) est assez jolie. Le fameux pont à 16 arches, plus vieux d’Allemagne est malheureusement en rénovation, mais le reste est tout de même sympa. Nous dînons dans un biergarten entre le Danube et le Regen (rivière qui donne son nom à la ville) et ils ont même le bon goût de brasser leur bière et de proposer des portions super copieuses.

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L'assiette de jambon : de quoi rassasier son homme

Nous faisons les quelques kilomètres restants jusqu’à l’hôtel en croisant quelques martiens qui rentrent du color festival.

Jour de repos à Passau, jour 13

Nous restons une journée à Passau pour régler notre laver nos vêtements et faire du tourisme. Cela tombe d’autant mieux que la chaleur est de plus en plus forte. Mais petits insouciants que nous sommes, nous n’avions pas vérifié les jours fériés avant de partir (la prochaine fois : penser à regarder ça). Nous nous retrouvons donc ici avec la plupart des commerces fermés pour cause de Fête-Dieu. Personnellement, je ne connaissais pas, bien que cela se fête également encore à quelques endroits en France (selon wikipedia). Dans chaque ville/village il y a une procession, avec des branches de bouleau installées un peu partout, et un tapis de fleurs du genre mandala devant l’église. Nous n’y sommes pas allés : la laverie auomatique était assez loin et les programmes assez longs.

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Les branches de bouleau pour la Fête-Dieu


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Tapis de fleurs

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Le Dom

Une fois cette besogne accomplie, nous montons au château-Burg (pas château-Schloss, le Burg étant fortifié) pour profiter d’une vue imprenable sur Passau. On a cuit. Mais cela valait le coup. En particulier, on pouvait très bien observer les différentes couleurs des trois rivières. Ils racontent ici que l’Ilz est noire à cause des cultures de perles (ça fait du noir ça ?), que l’Inn est verte à cause de la fonte des glaciers, et que le Danube est bleu (sans explication). En tout cas, cela se voit bien d’en haut.

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Serait-ce la muraille de Chine ?

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Non, c'est le Burg de Passau

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Les trois couleurs des trois rivières


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La vue depuis le Burg

On redescend profiter d’une glace au meilleur glacier de Passau selon notre hôte bien bavarde et se promener dans le centre historique. C’est vraiment très joli et très coloré, mais la raison n’est pas très gaie. Tout a été refait après l’inondation de 2013. Et quand on voit les inscriptions un peu partout du niveau que l’eau avait atteint, cela fait froid dans le dos. L’hôtel dans lequel on était était complétement inondé jusqu’au premier demi-étage. Les maisons plus près des quais avaient même perdu le deuxième étage. Notre hôte était complètement choquée : elle comptait les années en prenant l’inondation comme référence. Pour tout, y compris le décès de son époux. Une véritable catastrophe. Plus possible de se faire assurer les habitations depuis. Pas à un prix décent. Heureusement, la ville a financé 80% des rénovations. Donc aujourd’hui, deux années plus tard, c’est quasiment tout refait.

De Walsee à Aschach, jour 11 (78 km)

Nous nous réveillons avec le meilleur petit-déjeuner du voyage, et le plus diversifié. Cela nous booste jusqu’au premier kilomètre, où l’on nous fait signe que le barrage que nous voulions traverser est fermé pendant une heure pour travaux. Finalement, un type des travaux nous aide à passer. Pour l’anecdote sexiste, à chaque fois que je suis devant, on pense que je me fais promener par mon homme, alors que s’il est devant, c’est qu’il doit s’agir d’un handicapé. Ah bah oui !

La partie qui suit est encore très agréable, sur une belle piste cyclable en amont du barrage. Nous remontons jusqu’à Mauthausen, où nous faisons un détour pour aller voir l’ancien camp de concentration, avec une montée encore très dure.

L’endroit est sinistre, sans surprise. Il reste encore toute l’enceinte, quelques barraques en bois dans lesquelles les prisonniers dormaient, et les bâtiments en dur. A la place des autres barraques, il y a des tombes et des monuments de différentes nations. Un petit musée explique l’histoire de cet endroit, qui était au début spécialisé dans les prisonniers politiques. Nous sommes particulièrement frappés par le fait que contrairement à l’Allemagne, plusieurs têtes nazies n’aient pas été inquiétées malgré les crimes perpétrés. Dont le médecin du camp qui a achevé par la suite sa thèse de médecine et a exercé toute la suite de sa carrière. 

Nous quittons ce funeste endroit pour revenir sur la piste le long du Danube. Nous traversons Linz sans nous y arrêter, voulant pousser un peu plus loin de manière à arriver à Passau le lendemain.

Après avoir encore traversé une belle plaine maraichère, nous arrivons à Aschach, ou plutôt en face à Oberlandshaag, chez l’autrichienne la plus chaleureuse que nous ayions croisée (elle nous a parlé !).