De Walsee à Aschach, jour 11 (78 km)

Nous nous réveillons avec le meilleur petit-déjeuner du voyage, et le plus diversifié. Cela nous booste jusqu’au premier kilomètre, où l’on nous fait signe que le barrage que nous voulions traverser est fermé pendant une heure pour travaux. Finalement, un type des travaux nous aide à passer. Pour l’anecdote sexiste, à chaque fois que je suis devant, on pense que je me fais promener par mon homme, alors que s’il est devant, c’est qu’il doit s’agir d’un handicapé. Ah bah oui !

La partie qui suit est encore très agréable, sur une belle piste cyclable en amont du barrage. Nous remontons jusqu’à Mauthausen, où nous faisons un détour pour aller voir l’ancien camp de concentration, avec une montée encore très dure.

L’endroit est sinistre, sans surprise. Il reste encore toute l’enceinte, quelques barraques en bois dans lesquelles les prisonniers dormaient, et les bâtiments en dur. A la place des autres barraques, il y a des tombes et des monuments de différentes nations. Un petit musée explique l’histoire de cet endroit, qui était au début spécialisé dans les prisonniers politiques. Nous sommes particulièrement frappés par le fait que contrairement à l’Allemagne, plusieurs têtes nazies n’aient pas été inquiétées malgré les crimes perpétrés. Dont le médecin du camp qui a achevé par la suite sa thèse de médecine et a exercé toute la suite de sa carrière. 

Nous quittons ce funeste endroit pour revenir sur la piste le long du Danube. Nous traversons Linz sans nous y arrêter, voulant pousser un peu plus loin de manière à arriver à Passau le lendemain.

Après avoir encore traversé une belle plaine maraichère, nous arrivons à Aschach, ou plutôt en face à Oberlandshaag, chez l’autrichienne la plus chaleureuse que nous ayions croisée (elle nous a parlé !).

De Melk à Wallsee, jour 10 (69 kilomètres)

Nous partons un peu reposés grâce à notre journée de visite la veille. Comme la pension est vraiment le long de la piste cyclable, on ne perd vraiment pas de temps avant de repartir sur l’EV6.

Notre premier objectif est de rejoindre le réparateur de vélo à Pöchlarn, situé à une grosse douzaine de kilomètres. Entre temps, il faut toujours que le conducteur pense à contrôler quand ça frotte.

Le réparateur est complètement incompréhensible quand il parle, mais il nous comprend plutôt pas mal et tente une première fois de corriger le problème. Nous pensons que c’est bon (après quelques tests seul sur vélo). Malheureusement, des tests un peu plus durs à deux font réapparaître le problème.

Nous y retournons, et après un peu d’attente car il avait une cliente avec un rendez-vous (un peu bavarde d’ailleurs, et compréhensible), il démonte entièrement le frein. Il nettoie le tout, refait les réglages, et nous dit à la fin qu’il a fait son possible. Si ça continue ou s’aggrave, il nous conseille un revendeur à Grein, un peu en aval.

Nous repartons donc, et ça s’annonce bien ! Plus de bruits, même en freinant fort. Nous sommes très contents et pédalons très vite jusqu’au repas du midi. Je n’ai pas réussi à faire accepter au réparateur un peu d’argent pour le temps qu’il a passé dessus.

Après ça, rien de bien notable dans la journée. Il y a de très beaux paysages, j’ai failli perdre mes lunettes de soleil après une pause, et nous avons finalement pris quasiment aucune photo de cette journée. J’en met tout de même :

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Le château de Wallsee

Il est à noter que Wallsee est une ville un peu bizarre, relativement étalée, avec beaucoup de maisons neuves construites par des architectes. La ville semble très riche. Notre chambre d’hôte était également assez particulière, nous dormions chez un vendeur de décorations de jardins (statues, nains de jardins, …). On a regardé deux fois avant d’être certain d’être au bon endroit.

Jour de repos à Melk, jour 9 (25 km)

Nous profitons donc de la journée de relache pour faire un peu de tourisme. La région du Danube que l’on vient de paser, entre Melk et Krems, et qui s’appelle la Wachau, est en effet particulièrement belle et donc touristique.

Le matin, nous visitons l’abbaye de Melk. Elle est d’un style baroque parfait (extérieur et intérieur), ce qui est étonnant pour un bâtiment de cette taille. L’abbaye est toujours en fonction, avec une trentaine de moines de l’ordre des bénédictins. Ils gèrent en particulier un lycée de 800 élèves. Florent était un peu surpris par la tonalité évangélisatrice de l’exposition, ce qui m’a moins étonnée puisque l’abbaye est toujours en fonction. Et puis ils ont une relique de la vraie croix !

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Cour intérieure de l'Abbaye avec une femme habillée en bavaroise

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Une des salles intérieures

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La chapelle de l'abbaye

En fait, ce qui explique la taille de cette abbaye pour une si petite ville (5000 habitants) c’est son ancienne appartenance à la famille Babenberg, qui tenait la Marche de l’Est, avant que la famille ne change de résidence pour Vienne. Par la suite, elle eu plus ou moins de prestige et de pouvoir, la deuxième période de gloire était au XIXe siècle, où elle devint un joyau de la contre-réforme. C’est à ce moment qu’elle acquit en 40 ans sa forme actuelle.

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Melk, la partie peuplée

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Le petit potager méditerranéen, selon la règle de Saint Benoît

L’après-midi, nous allons au château de Aggsberg, le premier château/ruine visitable sur la rive droite (que nous n’avions pas prise la veille). Il y a bien un château plus proche de Melk, mais ne se visite pas, au grand dam de Florent.

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C'est encore une propriété privée !

Nous faisons donc 12 km de vélo, légers comme le vent (sans les sacoches). Puis les 2 km restants à pieds, la pente à 20% n’étant définitivement pas à notre portée.

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Vraiment 20% ! Les cars doivent appeler pour être sûrs de ne pas croiser d'autres cars dans la montée

Après une montée sévère, nous arrivons à un superbe panorama bien mérité sur la Wachau. L’ensemble a un petit goût de suisse saxonne, je trouve, avec cette forteresse bâtie au sommet et dans le gypse. Après avoir visité l’ensemble, récemment rénové grâce aux sous de l’Union Européenne (le site ne se visite que depuis 2004), nous assistons à une scène assez curieuse : l’arrivée de passagers d’une croisière avec le tout organisé. Pour résumer, à l’arrivée de l’autocar (qui s’est d’ailleurs fait la côte à 20%), les serveurs du café se mettent tout en branle pour pouvoir accueillir et servir tout ces touristes. Quatres personnes déguisés en gardes moyen-âgeux font une mise en scène d’ouverture de l’entrée. Un guitariste et un chanteur se mettent à entonner un « gentille alouette » puis un « New-York New-York ». On s’enfuit, assez goguenard. Le tourisme en groupe organisé n’est vraiment pas pour nous.

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Ca ressemble vraiment à la Suisse saxonne

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Le château d'Aggsberg, d'en haut

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D'en bas

Et pour finir la journée avec classe, j’ai cueilli un trèfle à quatre feuilles « à la Florent », c’est-à-dire comme ça, zoupla, en marchant, je me baisse et je cueille. J’étais très fière !

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La preuve !

En route vers Melk, jour 8 (69 kilomètres)

Le matin commence avec une table commune pour tous les pensionnaires des chambres d’hôtes où nous dormions. Nous sommes arrivés les derniers, et c’était du coup un peu étrange de débarquer au milieu de leur conversation. Cela ne nous a pas coupé l’appétit.

Le soleil continue à être présent, et nous partons avec les quelques courbatures des jours précédents. La première curiosité du coin est une centrale nucléaire, qui n’a jamais été en service. Un référendum a voté contre sa mise en service, après sa construction.  Ils utilisent désormais une partie du terrain avec des panneaux solaires (je doute de l’intéret, mais ça permet de donner une certaine classe à cette « ruine »).

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Une centrale nucléaire, qui n'a jamais rien produit

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Le panneau "regardez on fait du solaire c'est trop cool"

Nous traversons ensuite le fleuve grâce à un barrage, autorisé uniquement aux vélos, et pas aux chevaux.

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Le trajet est vraiment très beau. Nous traversons la région de la Wachau, avec de très jolis villages, des ruines de châteaux (et des vrais châteaux), des vignes, des petites collines sur le bord du fleuve, etc. Et toujours des églises avec beaucoup de dorures.

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Un des nombreux village le long du Danube

Au niveau de la logistique, le frein arrière commence à faire vraiment du bruit, y compris quand on appuie pas dessus. C’est très embêtant. Ca rajoute du stress au conducteur, qui peut diminuer le phénomène en jouant un peu avec la poignée de temps en temps pour le recentrer. Ca n’a pas beaucoup d’influence a priori sur notre vitesse et notre fatigue musculaire, uniquement sur le moral. Le bruit s’aggrave hélas trop tard, les magasins de cycles ferment pour la plupart le samedi à midi.

Comme il y a un risque de pluie pour le soir, nous ne traînons pas trop (même si nous avions très envie de monter voir une des ruines de château).

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Nous arrivons vers 16h30 à Melk, où notre piste devient un peu chaotique avec les portes ouvertes organisées par la caserne militaire juste à côté. Cela attire beaucoup de monde, mine de rien.

Nous avions choisi un petit hôtel juste à côté du Danube, le long de la piste cyclable. C’est juste à côté des nombreuses passerelles pour les navires du coin, la plupart des bateaux plein de touristes en croisière. Comme Melk est un haut point de tourisme, ils sont nombreux à s’arrêter.

Le soir, nous sortons un peu faire un tour après avoir mangé à l’hôtel. C’est très joli la nuit.

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Le monastère de Melk, de nuit

Nous prenons la décision de ne pas aller plus loin le lendemain (le dimanche) et de rester deux nuits, afin de pouvoir mieux découvrir Melk et ce petit bout de la Wachau, mais aussi d’attendre que les réparateurs de vélo ouvrent lundi.

Vienne – Zwentendorf, jour 7 (65 km)

La sortie de Vienne ne fut pour ainsi dire pas très rapide. Nous avions trois objectifs : 

  • trouver une rallonge USB pour que le stocker (la personne à l’avant du Pino) n’ait pas à tenir l’appareil pour utiliser le chargeur USB branché à la dynamo ;
  • faire une photo sympa du Pino avec les sacoches pour l’envoyer à Irène de Sacacycles qui nous les a faites ;
  • prendre un petit déjeuner (celui à l’hôtel était à un prix scandaleux).

Dans le désordre, on a petit-déjeuné au café Sacher avec une sachertorte, gâteau que Florent ne connaissait pas, un eiscafe (et pas heisscafe) pour Flo et un chococino pour moi. Petit-déjeuner assez décadent, j’en conviens.

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En mode je fais de la pub pour la Sachertorte, l'originale !

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Florent heureux de son eiscafe

On a eu un peu plus de difficultés pour trouver la rallonge USB, ne connaissant pas beaucoup d’équivalents de la Fnac en Autriche (donc pas facile pour faire des recherches sur internet).  On a trouvé ce qu’il nous fallait chez Saturn.

On a essayé de faire une photo du Pino et de ses magnifiques sacoches devant la Karlskirche mais on s’est trouvé un peu en contrejour. On a fallit être d’ailleurs interviewés par W24 (chaîne télé), on ne sait pas sur quel sujet.

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Qu'elles sont belles ces sacoches ! Quel dommage ce contrejour !

Entre temps, le vélo s’est mis à couiner assez sérieusement. On est donc allé voir un réparateur et indiqué le frein arrière, pensant que ça venait de là. Il a trouvé que le système était un peu dévissé, et s’est occupé de nous revisser cela. Manque de pot, le vélo continue de chouiner une fois repartis. On se rend alors compte que le problème vient du ressort du tube de la chaine avant qui frotte contre le bout de la fourche où l’on règle la pression. On remet les choses en place tous seuls, mais ce n’est que bien plus tard qu’on se rendra compte que notre réparateur nous a très vraissemblablement créé un vrai problème sur le frein arrière en ne le réglant pas correctement.

Nous quittons donc Vienne un peu tardivement. La route est ensuite assez sympathique avec une belle piste cyclable sur le bord du Danube. La météo est plaisante, en témoigne d’ailleurs le nombre de nudistes que l’on croise. Bon il n’y a pas que des nudistes. Il y a aussi beaucoup plus de cyclistes qu’avant. Finalement, les gens sont assez surpris qu’on fasse le chemin à l’envers. En effet, le vrai sens est le sens du courant. Ca coule de source !

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Le premier gros barrage que l'on croise en amont de Vienne.

On arrive vers 17h à Zwentendorf, tout petit village avant une autre grande longueur sans hébergement. Une petite frayeur à la fin, en évitant de peu de rouler sur un serpent.