Prologue à Nort sur Erdre (22 kilomètres en deux jours)

La logistique avec une charette, un tandem, et des sacoches, n’est pas simple. Impossible de prendre le TGV. Les autres trains, c’est la roulette russe (en principe tandem et charrette sont interdits, l’application de cette règle est à la discrétion du chef de train). Reste la voiture, de préférence grande. Nous pensions à une location, mais mes parents ont proposé d’assurer le trajet aller, en mettant nos affaires dans une caravane, et nous en prenant le TGV jusqu’à Nantes.

On s’est donc retrouvé le samedi, cueillis à la gare, en allant directement ensuite à Nort sur Erdre pour éviter la zone urbaine de Nantes. On est resté ensemble jusqu’au lundi matin. On a ainsi pu tester un peu le matériel (notamment vérifier que tout rentre dans les sacoches…), habituer les enfants au camping (la première nuit c’était quelque chose…), et faire une petite promenade de 23 kilomètres sans trop de matériel le dimanche (ça tombe bien, les montées sur les croisements entre le canal et les ponts sont violentes dans le coin !).

Le camping était correct, Colin s’est fait une copine (qu’il réclamera pendant encore longtemps ensuite…), et on a pu profiter un peu de la piscine.

Colin profite de la table

Après cette mise en bouche, véritable départ du voyage !

Juste avant le départ. Colin se promène ailleurs

Partir un mois en Bretagne, le matériel

Nous avions envie de repartir pour un voyage en vélo, assez long, et avec les enfants. Colin avait adoré son voyage il y a deux ans, et il n’y a pas de raison que ça se passe différemment avec les deux.

Notre premier changement a concerné la charette. Pour un voyage d’un mois, nous pensions pertinent d’avoir la notre. Et ça tombait bien, les collègues de Juliette en avait offerte une comme cadeau de naissance d’Oscar.

Nous avons ensuite changé un peu le matériel de camping. Avec un réchaut plus puissant (on était juste il y a deux ans), un nouvel ensemble de couverts et de matériel de cuisine (pour quatre personnes), un fil à linge…

Le plus dur a été de trouver des sacs de couchages pour les enfants. Ils sont rares pour leurs âges, et souvent volumineux. Nous avons finis par commander deux exemplaires de celui-là. Toujours pour les enfants, on a pris un pot pliable en carton, pour les parents stressés en cas de gros besoin.

Nous avons aussi pris du petit matériel électronique, par exemple une enceinte bluetooth, inspirés par Claude et Stéphanie. Une batterie USB (un classique désormais, elles sont bien plus puissantes que du temps de notre voyage de noces). Un clavier bluetooth plus récent, l’ancien ayant des soucis tehniques aléatoires. Le reste est identique à nos voyages précédents.

Jour 7 – De Dole à Verdun-sur-le-Doubs

Nous nous réveillons soulagés d’être sains et saufs, parce que ce que Florent n’a pas raconté, c’est qu’il y avait eu du vandalisme à base de vol et de coups de couteau l’avant veille dans le camping, et en particulier sur les tentes. Je l’avais certes appris des enfants au château gonflable la veille, Flo s’amusait de ma crédulité, mais j’en ai eu tout de même la confirmation le matin en allant chercher les croissants à l’accueil du camping. Je n’étais donc pas hyper sereine, mais finalement ça s’est bien passé. La nuit était assez fraîche et nous envisageons un moment de faire un détour pour acheter des polaires, pour Flo qui avait oublié de prendre le moindre pull et moi dont le duvet devenait un peu trop léger. Les magasins de sports étant trop loin, nous n’en ferons rien.

Nous ne lambinons pas trop, la journée s’annonce plutôt chargée pour atteindre le camping de Verdun, avec 70 km environ, un peu contraints par le fait qu’il n’y en ait pas entre Seurre et celui là.

Nous déjeûnons à Saint-Jean-de-Losne, toute petite ville (la plus petite de France paraît-il), près de canards et d’une mamie sur le perron de sa maison.

Nous repartons et prenons un super raccourci de Flo, qui plutôt que de nous faire faire demi tour sur 2 km après un pont, nous fait longer le canal dans le bon sens jusqu’à Seurre. Vraiment pas malin, ce petit écart par rapport à l’itinéraire officiel nous fait gagner 5 bons kilomètres et en plus en très bonnes conditions.

C’est alors qu’à Seurre à l’occasion d’une pause change glouglou et goûter, nous nous rendons compte qu’un des sacs de couchage s’était fait la malle. Celui de Flo. Et comme nous avions déjà regardé le matin, pas d’intersport/Décathlon et consorts sur le trajet. Hôtels complets à Verdun (je n’ai certes pas appelé celui dont la plus petite chambre double était à 150 euros, j’avoue), camping sans mobile-home ou autre truc en dur. Je commence à ne pas me sentir super bien, sentant le plan loose se profiler. Et là, la providence nous envoie nos voisins germaniques du camping de Dole qui nous suivait avec une bonne distance, qui nous ramène le sac de couchage de Flo. Trop méga la fête, je me suis sentie tellement soulagée, j’aurais pu danser sur place.

Nous repartons pour le dernier morceau de piste pour arriver au camping de Verdun. Le prix est imbattable par rapport aux tarifs assez élevés des précédents campings (un peu plus de vingt euros en moyenne), l’accueil est charmant, les emplacements vraiment spacieux. Nous avons en plus comme voisins un couple assez étrange (nous apprendrons par la suite que ce n’était pas un vrai couple) où monsieur voyage avec le chien en charette et madame avec une petite de l’âge de Colin, dans une autre charrette.

Jour 6 – d’Arc et Senans à Dole (51 kilomètres)

Comme nous n’avons pas pédalé la veille, nous sommes plus en forme le matin et le soleil est complètement revenu, il n’a même pas plu la nuit contrairement à nos craintes. Le départ se fait donc sans aucun soucis.

L’étape du jour ressemble surtout à une promenade. Pour éviter de reprendre la longue ligne droite cyclable qui retourne sur l’ev6, nous prenons l’itinéraire du guide d’une trentaine de kilomètres qui nous fait passer par la forêt et un certain nombre de villages. Nous faisons une première pause pour visiter une reconstitution de village de bûcherons.

Extrait du village reconstitué

La route dans la forêt est ensuite assez monotone mais très calme. Seule déception : la limitation de vitesse est en théorie de 30km/h sur ces routes forestières. Les rares véhicules que nous verrons passent plutôt à 90 (dont des camions d’exploitation forestière). Une voiture était même probablement à bien plus.

Petite pause au milieu de la forêt

La forêt comporte aussi forcément quelques montées et descentes, mais rien de dramatique. Nous rejoignons l’ev6 sans difficulté. Et même si nous avons de quoi déjeuner, on décide de soutenir l’un des rares restaurants le long de la piste en déjeunant à Orchamps (le repas était en mode buffet, un peu surprenant mais bien adapté à notre situation). Colin est ravi d’y voir chiens et chats.

La suite roule sans soucis jusqu’à Dole, le long du canal. L’arrivée sur Dole est magnifique et le camping du genre très grand. On discute avec quelques autres cyclo-randonneurs et on part faire du tourisme. La ville est super agréable, comporte de belles surprises comme la source souterraine visitable. Ils ont fait le choix d’un centre piéton, et c’est très réussi.

Entrée sur Dole

Source visitable après un passage souterrain

On organise un dîner à base de restes et on se couche tranquillement, avec pleins de cyclistes comme voisins.

Jour 5 – En attendant le retour du soleil à Arc-et-Senans

Le mauvais temps nous rattrape et la pluie tombe en trombes pendant la nuit et encore le matin. Nous apprécions d’avoir au moins doublé voire triplé la surface au sol par rapport à notre précédente tente, mais cela reste exiguë pour tenir plusieurs heures dessous. En tout cas, cela ne gêne pas le moins du monde Colin qui profite de cette matinée pour faire une sieste digne de ce nom (pas balloté par monts et vaux par ses parents). 

Pas de soucis de rester toute la matinée dans la tente

Finalement le temps se calme dans l’après midi, nous décidons donc de rester une nuit de plus ici, d’autant que le camping est très agréable et que nous pouvons en profiter pour visiter la saline royale qui fait la réputation des lieux.

Cette saline royale a été inaugurée sous Louis XV, un siècle après le rattachement de la Franche Comté au royaume de France, sous la direction de l’architecte Jean-Baptiste Ledoux. Le bonhomme était dans la force de sa carrière et pouvait se permettre de réaliser ses conceptions assez innovantes. On aboutit à un édifice assez vaste et moderne pour l’époque où toute la communauté de production de la saline vivait ensemble selon des règles bien définies. Il paraît selon notre guide, que l’édifice interpellait beaucoup et faisait railler les cours de l’époque, étant donné le luxe de l’édifice construit pour héberger et faire travailler des culs terreux. Il faut bien reconnaître que c’est assez classe.

Et ce n’est que l’entrée !

Pendant toute cette belle visite (nous sommes très bien tombés, on peut avoir le meilleur comme le pire sur les visites guidées), nous avons du toutefois gérer la petite boule de nerfs de 16 mois. On comptait sur la sieste de l’après midi, mais visiblement, ce ne faisait pas l’unanimité, ou du moins le consentement du principal intéressé. Ça s’est un peu calmé avec la visites des jardins, qui avaient pour thème Tintin pour cette année. C’était très réussi, bien que nous ne sommes pas fans d’Hergé.

Une partie de l’intérieur

Les jardins avec un thème par personnage de Tintin

Sur le retour nous nous sommes rendus compte de l’existence d’un réparateur-vendeur de vélos (pas du tout référencé sur Internet, notamment absent des cartes d’openstreetmap), et je suis donc par la suite allée faire la visite pour changer la chambre à air arrière. Il a même trouvé la minuscule épine dans le pneu, certainement à l’origine de ce dégonflement lent. 

Deuxième et dernière nuit dans ce camping, également sous la pluie, plus sereins par rapport au vélo.