De Großmehring à Donauwörth, jour 17 (70 km)

Ça y est, la pluie est arrivée. Et l’orage avec. On est réveillé à 7h30 par la pluie et le tonnerre. C’est toujours étrange un orage le matin. Nous attendons que la pluie cesse pour partir. Cela nous met déjà pas mal en retard pour l’étape que nous souhaitions faire.

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Ingolstadt sous la pluie

Notre première pause n’est pas très loin. Il ne nous fallait qu’une dizaine de kilomètres pour atteindre Ingolstadt, une petite ville fortifiée. Nous nous y arrêtons pour prendre des victuailles pour le déjeuner. C’est en repartant que nous nous rendons compte que le pneu arrière est à plat. Manque de pot, midi vient de sonner et les magasins de vélo viennent de fermer pour la pause méridienne. Nous avons tout de même de la chance d’en trouver un qui laisse une pompe avec compresseur et manomètre à disposition. La valve était à moitié ouverte. Avait-on oublié de bien refermer la dernière fois ? Le manomètre ne redescend pas une fois le pneu gonflé à 5 bars. Nous repartons.

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Le château de chasse près de Neuburg

Nous sommes à présent sur la rive sud du Danube. La piste n’est pas très praticable avec les fortes pluies du matin et de la nuit. Les passages de gadoue sont pénibles mais assez brefs, heureusement. Nous passons devant un très joli château de chasse, pas visitable. Nous nous y serions volontiers arrêtés pour déjeuner, si l’endroit n’était pas aussi infesté de moustiques. Nous nous arrêtons donc à Neuburg, en territoire humain.

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Ancien temple romain sur notre route

La météo de l’après-midi est encore humide et couverte. Nous avons un passage de 6 km pénible sur une grosse route avec de la circulation très rapide, pour échaper à 7 km de boue qui nous rallentit trop. Quelques côtes nous pimentent l’après-midi. Une rencontre avec un cycliste nous égaie alors. Il nous saute presque dessus pour nous parler et examiner notre vélo : il est lui-même propriétaire d’un vieux Pino et voulait regarder les améliorations apportées depuis. Il nous raconte un peu sa vie, nous pose pas mal de questions sur notre voyage, nous rassure sur la suite de l’étape et celle du lendemain. C’était vraiment très sympa.

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Encore un arbre de mai, dans un autre style

Nous atteignons assez tardivement Donauwörth, où nous séjournons dans une auberge tenue par un croate aimable comme un gardien de prison. La chambre est spacieuse, bien que désuète. Je constate encore quelques blessures de guerre contre les moustiques. Le repos nous fait beaucoup de bien après cette étape.

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Porte et pont de Donauwörth

De Regensburg à Großmehring, jour 16 (87 kilomètres)

Le petit déjeuner de notre superbe hôtel Ibis budget est sans surprise, ce qui est une très bonne nouvelle. Nous avons tranquillement pu terminer de nous ré-hydrater après la dure journée de la veille. Le vélo est également toujours là, j’avais eu quelques craintes sur leur système d’attache le soir.

Il nous faut retraverser presque entièrement Regensburg, ce qui rajoute déjà quelques kilomètres. Le trajet est ensuite très calme jusqu’à Kelheim.

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La piste un peu après Regensburg

On s’arrête dans cette ville pour manger. Il fait une température torride. Si le matin était couvert, il ne reste plus aucun nuage et le soleil tape fort. Ça tombe bien, on a désormais un trajet en bateau quasi-obligatoire, de quoi continuer à se faire bronzer.

Comme on a pas le bateau tout de suite, vu la température, et vu les kilomètres supplémentaires de Regensburg, nous décidons de ne pas aller jusqu’à Ingolstadt comme nous avions prévu mais de s’arrêter 10 kilomètres avant.

Le trajet en bateau est estival, mais permet de jolies vues. Tout d’abord sur le monument à la mémoire de la libération de la Bavière (quand ils ont viré Napoléon), puis sur les magnifiques falaises du coin (celles qui empêchent les vélos de passer). Le trajet se termine devant un monastère, objectif de 98% des touristes du navire. Nous, on continuera tout droit.

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Au fond, le monument de la libération après Napoléon

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Il y avait des sacrées falaises

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Le monastère, terminus.

Comme le Danube continue de longer quelques falaises ensuite, le chemin éloigne un peu de son lit et nous avons la première longue montée du voyage. Puis une seconde. On souffre un peu, mais on est monté. L’avantage c’est que ça redescend ensuite !

Le dernier tiers du trajet suit des digues, le plus souvent le long de petits cours d’eau affluents. C’est un peu monotone à force.

La chaleur est toujours très forte, et nous tombons à court d’eau 7 kilomètres avant Vohburg. Ça nous a fait du bien d’y arriver pour prendre une glace et recharger une gourde.

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Plein de pompiers partout.

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La porte de la ville

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Comme personne a trouvé, on retente dicrètement l'énigme d'hier. C'est quoi ?

On a profité dans cette petite ville de la fête des pompiers volontaires de Bavière qui y était organisé. Ils avaient sorti le grand jeu. On a bien discuté avec un type du coin, probablement membre du conseil municipal.

La fin de trajet reprend sur une digue, mais du vrai Danube cette fois. On voit de l’autre côté des centres industriels.
On arrive un peu tard à la pension, bien fourbus. Elle est grande comme un hôtel et compte une vingtaine de chambres. On attend l’orage sur la terrasse d’un restaurant grec, mais il ne vient pas. On se couchera dans un air très lourd.

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On aime bien les bras de la tour à gauche

De la fournaise au Walhalla, jour 15 (84 km) 

Nous partons donc de Mariaposching sous un soleil déjà cuisant (il n’est que 9h15, ça promet). La route est encore sympathique, si ce n’est qu’on ne voit pas autant le Danube qu’on ne le voudrait, étant souvent derrière une digue. Avec autant de digues, ça ne m’étonne pas trop qu’ils récupèrent des inondations historiques en aval.

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Devinette : qu'est-ce que c'est ?

La distance que nous parcourons le matin est de plus en plus importante, de manière à essayer de profiter de températures un peu plus clémentes. Nous faisons donc environ 45 km avant de déjeuner à Wörth. Le désespoir faillit nous atteindre lorsque nous faisons tout le tour du village et que nous ne trouvons que des restaurants fermés, 3 boulangeries fermées et la seule étant ouverte n’ayant plus de sandwichs (il est samedi midi !). Finalement nous trouvons une gasthof ouverte avec des plats particulièrement savoureux.

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Wörth où nous déjeunons

Nous repartons sous le cagnard, jusqu’à atteindre vers 15h le Walhalla. Il s’agit d’un bâtiment pompier construit par Louis 1er de Bavière comme monument aux personnalités importantes de la civilisation allemande. Une sorte de petit Panthéon sans les sépultures. L’endroit est pariculièrement touristique, du fait de la proximité à Ratisbonne, d’où les gens peuvent prendre le bateau pour venir (10 km).

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Le Walhalla

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Les bustes des grands hommes de la civilisation allemande (pas beaucoup de femmes là non plus, mais quelques unes)

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Louis 1er de Bavière en César moustachu (il n'avait probablement pas appris que seuls les barbares portaient la barbe ou la moustache, d'où leur nom)

Nous repartons pour Ratisbonne, où nous n’avons pu trouver d’hébergement dans le centre. Les deux festivals organisés en même temps dans la ville sont probablement à l’origine de cette raréfaction des chambres (le color festival et le mundart festival). Nous avons donc dû nous rabattre sur un hôtel ibis budget de bord d’autoroute et inverser la visite de la ville et le dépot des sacoches/douche à l’hotel.

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Le pont de pierre de Ratisbonne, en travaux

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Vue depuis le pont de pierre

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Autre vue depuis le pont de pierre

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Cathédrale de Ratisbonne

La ville de Ratisbonne (Regensburg en allemand) est assez jolie. Le fameux pont à 16 arches, plus vieux d’Allemagne est malheureusement en rénovation, mais le reste est tout de même sympa. Nous dînons dans un biergarten entre le Danube et le Regen (rivière qui donne son nom à la ville) et ils ont même le bon goût de brasser leur bière et de proposer des portions super copieuses.

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L'assiette de jambon : de quoi rassasier son homme

Nous faisons les quelques kilomètres restants jusqu’à l’hôtel en croisant quelques martiens qui rentrent du color festival.

De Passau à Mariaposching, jour 14 (71 kilomètres)

Après le petit déjeuner et avoir réglé les formalités habituelles, nous commençons la journée par un passage à la poste. Nous envoyons vers la France un colis contenant nos affaires qui n’ont pas encore été une seule fois utile, et qui ne le serons donc jamais. Comme il y a pas mal de queue, on part un peu plus tard que prévu.

Le départ depuis Passau n’est pas très joli. Ça s’arrange quand on change de rive en passant sur un drôle de barrage.

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Un barrage rouge, c'est pas banal

Des passages sont très beaux, avec du chemin stabilisé (ce qui change un peu du bitume parfait, finalement). On longe le Danube et ses quelques îles protégées.

L’après-midi, nous passons devant un lac et décidons de tenter de faire un plouf. Juliette va vérifier la température de l’eau en plongeant pendant que je surveille courageusement le tandem. Après mon propre plongeon, je peux confirmer que la surface de l’eau était à la bonne température mais que ça refroidissait très vite.

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Il fallait bien une personne pour tenir l'appareil photo. C'était moi

Après cette pause, un passage longe l’autoroute. On se rapproche de Deggendorf, sans s’y arrêter. La suite est très bien. Le guide signalait un passage sur route, mais en réalité une nouvelle piste permet de pédaler sur du stabilisé. On arrive à destination vers 16h15. Il a fait chaud. Un peu trop parfois.

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On a longé ça ensuite. Photo prise en roulant

Le soir, il n’y a rien à manger sur place. Le petit bar avec un barbecue fermait à 18 heures. Nous pédalons donc vers le village à côté, et dînons tranquillement là-bas. C’était un petit restaurant, servant également de bar du coin. Quelques habitués sont arrivés en vélo, ils avaient à peine le temps d’accrocher le vélo que leurs bières étaient déjà à les attendre sur la table. L’un d’entre eux est resté complètement bloqué à la vision du tandem, et cela lui redonnait un peu le sourire. Il s’est levé pour nous voir partir, tellement qu’il était interessé par le fonctionnement. Il n’avait probablement pas osé nous aborder.

Jour de repos à Passau, jour 13

Nous restons une journée à Passau pour régler notre laver nos vêtements et faire du tourisme. Cela tombe d’autant mieux que la chaleur est de plus en plus forte. Mais petits insouciants que nous sommes, nous n’avions pas vérifié les jours fériés avant de partir (la prochaine fois : penser à regarder ça). Nous nous retrouvons donc ici avec la plupart des commerces fermés pour cause de Fête-Dieu. Personnellement, je ne connaissais pas, bien que cela se fête également encore à quelques endroits en France (selon wikipedia). Dans chaque ville/village il y a une procession, avec des branches de bouleau installées un peu partout, et un tapis de fleurs du genre mandala devant l’église. Nous n’y sommes pas allés : la laverie auomatique était assez loin et les programmes assez longs.

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Les branches de bouleau pour la Fête-Dieu


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Tapis de fleurs

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Le Dom

Une fois cette besogne accomplie, nous montons au château-Burg (pas château-Schloss, le Burg étant fortifié) pour profiter d’une vue imprenable sur Passau. On a cuit. Mais cela valait le coup. En particulier, on pouvait très bien observer les différentes couleurs des trois rivières. Ils racontent ici que l’Ilz est noire à cause des cultures de perles (ça fait du noir ça ?), que l’Inn est verte à cause de la fonte des glaciers, et que le Danube est bleu (sans explication). En tout cas, cela se voit bien d’en haut.

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Serait-ce la muraille de Chine ?

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Non, c'est le Burg de Passau

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Les trois couleurs des trois rivières


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La vue depuis le Burg

On redescend profiter d’une glace au meilleur glacier de Passau selon notre hôte bien bavarde et se promener dans le centre historique. C’est vraiment très joli et très coloré, mais la raison n’est pas très gaie. Tout a été refait après l’inondation de 2013. Et quand on voit les inscriptions un peu partout du niveau que l’eau avait atteint, cela fait froid dans le dos. L’hôtel dans lequel on était était complétement inondé jusqu’au premier demi-étage. Les maisons plus près des quais avaient même perdu le deuxième étage. Notre hôte était complètement choquée : elle comptait les années en prenant l’inondation comme référence. Pour tout, y compris le décès de son époux. Une véritable catastrophe. Plus possible de se faire assurer les habitations depuis. Pas à un prix décent. Heureusement, la ville a financé 80% des rénovations. Donc aujourd’hui, deux années plus tard, c’est quasiment tout refait.