Vienne – Zwentendorf, jour 7 (65 km)

La sortie de Vienne ne fut pour ainsi dire pas très rapide. Nous avions trois objectifs : 

  • trouver une rallonge USB pour que le stocker (la personne à l’avant du Pino) n’ait pas à tenir l’appareil pour utiliser le chargeur USB branché à la dynamo ;
  • faire une photo sympa du Pino avec les sacoches pour l’envoyer à Irène de Sacacycles qui nous les a faites ;
  • prendre un petit déjeuner (celui à l’hôtel était à un prix scandaleux).

Dans le désordre, on a petit-déjeuné au café Sacher avec une sachertorte, gâteau que Florent ne connaissait pas, un eiscafe (et pas heisscafe) pour Flo et un chococino pour moi. Petit-déjeuner assez décadent, j’en conviens.

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En mode je fais de la pub pour la Sachertorte, l'originale !

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Florent heureux de son eiscafe

On a eu un peu plus de difficultés pour trouver la rallonge USB, ne connaissant pas beaucoup d’équivalents de la Fnac en Autriche (donc pas facile pour faire des recherches sur internet).  On a trouvé ce qu’il nous fallait chez Saturn.

On a essayé de faire une photo du Pino et de ses magnifiques sacoches devant la Karlskirche mais on s’est trouvé un peu en contrejour. On a fallit être d’ailleurs interviewés par W24 (chaîne télé), on ne sait pas sur quel sujet.

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Qu'elles sont belles ces sacoches ! Quel dommage ce contrejour !

Entre temps, le vélo s’est mis à couiner assez sérieusement. On est donc allé voir un réparateur et indiqué le frein arrière, pensant que ça venait de là. Il a trouvé que le système était un peu dévissé, et s’est occupé de nous revisser cela. Manque de pot, le vélo continue de chouiner une fois repartis. On se rend alors compte que le problème vient du ressort du tube de la chaine avant qui frotte contre le bout de la fourche où l’on règle la pression. On remet les choses en place tous seuls, mais ce n’est que bien plus tard qu’on se rendra compte que notre réparateur nous a très vraissemblablement créé un vrai problème sur le frein arrière en ne le réglant pas correctement.

Nous quittons donc Vienne un peu tardivement. La route est ensuite assez sympathique avec une belle piste cyclable sur le bord du Danube. La météo est plaisante, en témoigne d’ailleurs le nombre de nudistes que l’on croise. Bon il n’y a pas que des nudistes. Il y a aussi beaucoup plus de cyclistes qu’avant. Finalement, les gens sont assez surpris qu’on fasse le chemin à l’envers. En effet, le vrai sens est le sens du courant. Ca coule de source !

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Le premier gros barrage que l'on croise en amont de Vienne.

On arrive vers 17h à Zwentendorf, tout petit village avant une autre grande longueur sans hébergement. Une petite frayeur à la fin, en évitant de peu de rouler sur un serpent.

De Bratislava à Vienne, jour 6 (76 kilomètres)

Après la bonne journée de repos, nous sommes un peu moins malades. Nous partons assez tôt le matin de l’auberge de jeunesse ou nous avions trouvé refuge, et prenons un petit déjeuner improvisé après un passage à un supermarché.

Sortir de Bratislava se fait ensuite sans encombre. La montée sur le pont permet de faire chauffer un peu les muscles avant la longue journée de voyage.

On partage pendant un petit temps la piste cyclable avec un autre tracé européen, l’EV13. La piste nous emmène en tout cas très vite en Autriche, après un dernier bunker à saluer.

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Petit bunker juste avant la frontière. C'est un musée

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Ce panneau manquait pour les vélos

Le passage de la frontière à quelques avantages. Le premier, c’est que nous sommes maintenant certains de parler la langue du pays (même s’il faut l’avouer, l’accent est parfois assez prononcé chez eux, rendant la communication un peu moins parfaite). Ensuite, freemobile nous considère désormais comme en France pour les communications. Enfin, les pistes cyclables autrichiennes ne jouent pas dans la même catégorie que les slovaques et les hongroises. Pour résumer, les parties chiantes autrichiennes ressemblent aux bonnes parties hongroises (j’exagère à peine). Les villes restent très jolies, on s’est ainsi arrêté à la première petite ville qui avait de très bons restes du moyen-âge.

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Il y a beaucoup de dorures dans le coin

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La signalisation du trajet fait aussi un bond en avant. Tellement, que même les itinéraires alternatifs sont marqués EV6. C’est ainsi qu’on a fait un petit détour, en pensant suivre la route principale.

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Je crois qu'on va aller à droite

Ce petit détour nous a permis d’avoir le moment de doute de la journée. Il nous fallait en effet retraverser le Danube, mais à l’endroit marqué comme un ferry sur la carte, on ne voyait rien. Pas de quai. Pas de jetée. Un truc ressemblant à une jetée était bien visible, mais non accessible, car le chemin était complètement innondé (on en a peut-être pas parlé avant, mais le Danube est très haut).

On déjeune là sans trop y croire quand un bâteau arrive vers nous. C’est un bâteau à la demande, et des cyclistes de l’autre côté on eu la bonne idée de vouloir traverser. C’est le plus petit bateau sur lequel on a pu monter le Pino pour le moment. En tout cas, on était très content de le voir, et j’ai été ravi de payer le voyage !

Après la visite du matin, le détour, ce doute sur l’existence du ferry, on repart pédaler assez vite pour arriver pas trop tard à Vienne. Nous savions qu’il nous restait encore beaucoup de kilomètres. On a ainsi profité d’une piste cyclable aussi large qu’une route (et mieux entretenue), on a traversé un centre industriel par le milieu (avec la piste cyclable toujours), et pas mal d’autres surprises sur les pistes autrichiennes.

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Ceci permet aux vélos de monter sur un pont.

L’entrée dans Vienne était triviale. C’est très bien indiqué, il y a des pistes partout, les voitures font vraiment attention aux cyclistes. Il vaut mieux d’ailleurs probablement être sur le vélo et pédaler, que de mettre le pied à terre et pousser le vélo pour traverser les zones un peu encombrées. Les voitures seront beaucoup plus sympa !

Le soir, malgré nos nombreux kilomètres, nous partons visiter un peu le centre de Vienne, avant de profiter d’un repos bien mérité.

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Au centre de Vienne

Jour de repos à Bratislava, jour 5

On a profité d’une journée de relache pour s’occuper de quelques affaires de routine (laver les vêtements, acheter un pull et un autre Kway pour Florent) et surtout pour faire un tour dans Bratislava.

Ce n’est pas très grand pour une capitale. Le guide nous dit 430 000 habitants. Elle était tout de même la ville dans laquelle la monarchie hongroise se faisait couronner, d’où le cachet

. Un petit centre-ville, un château tout blanc, à l’allure de château-fort. Comme un château en haut d’une colline garde bien mieux la ville qu’en étant en bas, la côte me vaut quelques soupirs de Florent. On y découvre d’ailleurs derrière, par hasard, le parlement slovaque, qui ne paie pas spécialement de mine. Heureusement qu’il y avait un restaurant s’appelant « restaurant du Parlement » ou un truc dans le goût pour qu’on sache de quoi il s’agissait.

Toujours intéressée par des choses en hauteur (peut-être est-ce le contre-coup de la platitude de l’itinéraire vélo), j’emmène Florent au Slavin, sur une autre colline, plus huppée, de Bratislava. C’est un grand mémorial aux morts soviétiques pour la libération de Bratislava des nazis. Fosses communes et tombes nominatives, certaines sont pas mal décorées. Dans mes souvenirs, ce n’était pas vraiment le cas des cimetières de Normandie. Les touristees ne sont pas nombreux. On redescend les retrouver dans le centre, en se promenant ça et là en fonction de ce que l’on voit.

 

En route vers Bratislava, jour 4 (23 kilomètres)

Après ce dur jour de pluie, on est un peu rincé. C’est malheureusement la même météo qui est prévue, et il y a eu un déluge durant la nuit qui incite à la prudence.

Comme je suis malade, et que nous n’avons pas du tout envie de retomber dans les mêmes conditions que la veille, nous trichons en prenant le train. Pour aller à Bratislava, c’est deux heures de train, 7 euros 50 pour deux avec le vélo. Tout pour être un bon plan !

On attend un peu à la gare avant de partir. La montée du vélo dans le train se fait sans soucis. On est contents (même si Juliette est un peu triste qu’il ne pleuve pas (encore)).

La bonne humeur diminue un peu quand le contrôleur nous apprend que le train ne pourra pas nous emmener jusqu’à Bratislava. Quelques stations avant l’arrivée, le train se transforme en bus, et le tandem ne pourra, bien entendu, pas entrer.

Nous profitons tout de même du voyage en train, durant environ 100 kilomètres. C’est assez fascinant de voir une ligne sans quasiment aucun passage à niveau protégé, le train klaxonne juste quand il arrive. Et on est vraiment sur une plaine, c’est très différent des collines que nous avons pu voir jusqu’ici.

A la sortie du train, il n’a toujours pas plu une goutte. Juliette continue donc d’être déçue de ne pas avoir fait de vélo. Bien évidemment, la pluie reprend après que nous ayons fait moins de deux cent mètres à vélo.

Le trajet alterne donc entre bonnes nouvelles (la piste cyclable semble très bien commencer) et très mauvaises (ah mais on arrive sur un chantier avec plein de camions…). Je commence un peu à perdre le moral. On s’arrête à un café, le temps de laisser passer une grosse averse (et une fois de plus, savoir parler allemand est plus pratique que l’anglais !). On va ensuite à un supermarché acheter des mouchoirs et de quoi faire des sandwichs.

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Si si, ça passe

On a ensuite une partie très sympa le long d’un canal pour viser le centre de la ville. Les pistes sont très étonnantes, avec des aménagements compliqués (un genre d’échangeur à vélo, le long d’une autoroute). L’entrée dans le centre ville est par contre un peu plus ardue. Au total, nous aurons roulé 23 kilomètres en vélo, pas grand chose quand on compare au froid que nous avons subi (j’ai oublié de le dire : il y avait un très fort vent en provenance du nord-est. Et nous allions au nord-est).

L’office du tourisme est très décevant. Alors que nous avions trouvé la veille comme ça notre logement, eux sont incapables de savoir quels logements peuvent prendre les vélos et ils n’appellent aucun hébergement pour nous. Ils fournissent uniquement une liste.

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Après trois essais infructueux (ne me demandez pas pourquoi Bratislava est remplie comme ça), nous faisons le deal du siècle. Un appartement pour six, pour le prix d’une chambre normale. C’était plus grand que chez nous à Paris.

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Et encore deux autres chambres

Comme notre santé ne s’améliore pas, que la pluie nous a un peu démotivés, et que nous voulons profiter un peu de la ville (nous ne reviendrons probablement jamais ici), et enfin pour des raisons logistiques, nous décidons de rester aussi le lendemain à Bratislava. Manque de chance, notre deal du siècle ne peut pas être renouvelé, il faudra trouver un autre endroit.

De Esztergom à Komarom/Komarno – Jour 3

Après cette petite étape charmante de la veille, le mauvais temps est revenu. La pluie commence dès le petit déjeuner. Nous décidons tout de même de partir, profitant d’une accalmie.

L’étape ne fut pas des plus marrantes. De la route nationale, ou au mieux de la piste cyclable sur bord de route nationale, pour faire les 53 km entre Esztergom et la ville frontalière de Komarom/Komarno, sous la pluie. Au moins, on pédalait vite pour se réchauffer. Comment se fait-ce q’il pleuve autant, alors qu’il ne pleut que 7% du temps sous nos latitudes ?

La ville frontalière a été séparée en deux à la fin de la première guerre mondiale. Komarom du côté hongrois, Komarno du côté slovaque, séparées par le Danube, que l’on traverse par un pont métallique d’envergure. Le côté hongrois est particulièrement sinistre, sous le mauvais temps, et probablement encore plus désert que d’habitude par le lundi de Pentecôte. Nous traversons donc la frontière.
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Côté slovaque, l’ambiance est un peu plus animée. Les magasins sont quasiment tous ouverts. L’office de tourisme nous oriente vers un hôtel assez luxueux, où nous laissons notre monture dans un garage. Sous les derniers rayons de soleil de la journée, nous nous promenons pour découvrir la place de l’Europe en construction (avec un bâtiment par pays, mais sans aucune explication sur place, nous peinons à retrouver la correspondance) et la forteresse qui est censée être une des plus grandes d’Europe. C’est assez frappant de voir le contraste entre certains bâtiments qui tombent en décrépitude, et des rénovations toutes fraiches. De même, dans la même rue, faces-à-faces, des maisons bourgeoises avec jardinet, et des barres décrépies.

 

On va se coucher. Encore une journée de mauvais temps de prévue pour le lendemain, la dernière a priori pour la semaine.